Un câble USB n'est pas un simple fil. C'est un assemblage de conducteurs, de blindages et de connecteurs dont la qualité varie énormément d'un modèle à l'autre, sans que rien ne se voie de l'extérieur. Une bonne part des pannes que nous voyons en astronomie, déconnexions, images coupées, périphérique absent du gestionnaire de périphériques, moteur qui refuse de démarrer, viennent de là et non du matériel.

Les câbles fournis avec le matériel sont rarement bons

Un fabricant qui livre un cordon avec sa caméra, sa roue à filtres ou son moteur de mise au point achète le câble le moins cher qui passe son test de mise en service. Il n'a aucune raison d'y mettre du cuivre en plus. Cela vaut pour toutes les marques, y compris les meilleures, et ce n'est pas un défaut de fabrication : c'est un câble de dépannage, pas un câble de travail. La tendance actuelle va d'ailleurs plus loin, puisque de plus en plus de fabricants ne fournissent plus aucun câble avec leur matériel, précisément pour ne pas en porter la responsabilité.

Un câble USB de qualité coûte quelques euros. C'est le seul élément de votre installation dont le remplacement préventif ne se discute pas.

Le même câble fonctionne sur un accessoire et pas sur un autre

C'est le cas le plus fréquent, et le plus déroutant. Un cordon alimente parfaitement une roue à filtres, qui consomme quelques dizaines de milliampères, puis fait décrocher un moteur de mise au point ou un rotateur, qui appelle un courant bien plus élevé au démarrage. La cause est presque toujours la section des conducteurs d'alimentation. Un câble économique emploie du 28 AWG sur tous les fils, ce qui suffit aux données mais provoque une chute de tension dès que le courant monte. Nos câbles USB 3.0 type A vers C, par exemple, utilisent du 22 AWG pour l'alimentation et du 28 AWG pour les données, avec un blindage multi-couches, et acceptent 3 A.

Le périphérique se retrouve alors sous ses 5 V nominaux. Selon les cas il se réinitialise, se déconnecte, refuse de mettre son moteur en mouvement, ou renvoie une erreur qui n'a aucun rapport apparent. Rien de tout cela n'accuse la marque de l'accessoire ni celle du câble : c'est le couple câble et consommation qui ne convient pas.

Le connecteur ne dit rien de ce qu'il y a dans le câble

  • Une prise type C ne garantit pas l'USB 3.0. Beaucoup de cordons type C ne sont câblés qu'en USB 2.0, à 480 Mbps, et rien ne l'indique.
  • Certains cordons sont prévus pour la charge seule et ne comportent aucune paire de données utilisable.
  • Deux câbles d'aspect identique diffèrent par le blindage, la section des fils et la qualité des contacts.
  • Un excellent câble branché sur un port USB 2.0 travaillera au débit du port, pas au sien.

La longueur, la limite la plus dure

La norme USB limite les câbles USB 3.0 et 3.2 Gen 1 (5 Gbps) à 3 mètres en version dite passive, c'est-à-dire un simple câble cuivre sans électronique. Pour le 10 Gbps, la limite descend à 1 mètre. Au-delà, le signal se dégrade trop : déconnexions intempestives, pertes de trames en imagerie, ou pire, repli silencieux en USB 2.0, la caméra continuant à fonctionner à débit très réduit sans que rien ne le signale.

À 5 mètres, un câble USB 3.0 passif est hors norme, même s'il est vendu comme tel. C'est l'une des principales sources de problèmes en imagerie avec les caméras CMOS modernes. C'est fabriqué, c'est certifié, ça devrait fonctionner, les fabricants le proposent, et pourtant non.

Pourquoi en vendons-nous, alors ?

Parce que les câbles USB 3.0 de 5 mètres sont régulièrement demandés pour du matériel éloigné, et que cela fonctionne la plupart du temps avec les petits périphériques, peu gourmands en données et donc moins sensibles à la qualité de la liaison. Une caméra refroidie USB 3.0 exigera au contraire un câble meilleur, actif par exemple, et bien plus court.

Au-delà de 3 mètres, le câble actif

Un câble actif intègre une puce de réamplification du signal, un redriver, dans le connecteur côté ordinateur. C'est ce qui permet de tenir 5 Gbps réels sur la distance, de façon stable. Voici ce qui se fait de mieux, par ordre de robustesse :

  • Newnex FireNEX-uLINK, la référence industrielle, utilisée en imagerie médicale et en vision industrielle. Très cher, autour de 100 à 150 €, mais quasi indestructible et compatible avec à peu près toutes les caméras gourmandes du marché.
  • Lindy USB 3.0 actif 5 m, environ 30 à 40 €, fiable dans la durée. C'est celui que nous recommandons dans la majorité des cas.
  • StarTech et Cable Matters, alternatives sérieuses dans la même gamme de prix.

Nous ne sommes pas spécialistes en informatique et nous ne vendons pas ces câbles très spécifiques, que vous trouverez un peu partout.

Les autres façons de couvrir la distance

  • Un hub USB 3.0 alimenté près de la monture, relié au PC par un câble court de 1 à 2 m. Souvent plus fiable qu'un long câble unique, et il centralise plusieurs périphériques, caméra principale, autoguideur, roue à filtres.
  • Un câble USB sur fibre optique, dit AOC, totalement insensible aux perturbations électromagnétiques. Plus cher, imbattable sur les longues distances.
  • Mieux encore, un PC, un mini-PC ou un ASIAIR placé directement au niveau de l'instrument, dont vous prenez le contrôle à distance par votre réseau, depuis un portable resté au chaud. C'est ce qui donne les meilleurs résultats, et le sujet est traité dans notre article Un mini-PC plutôt qu'un ASIAIR ?.

Ce qui ressemble à un problème de câble sans en être un

  • Les options d'économie d'énergie de Windows, qui coupent les ports USB sans prévenir. À désactiver systématiquement, voir notre article Désactivez toutes les options d'économie d'énergie dans Windows.
  • Les contrôleurs USB des ordinateurs portables, et même de bureau, qui réduisent les débits pour économiser l'énergie et dégradent la stabilité de la liaison.
  • Un hub non alimenté, qui répartit entre tous les périphériques le courant d'un seul port.
  • Une alimentation 12 V trop juste pour une caméra refroidie, dont les symptômes imitent ceux d'une mauvaise liaison de données.
  • Les ports en façade d'un PC de bureau, reliés à la carte mère par une nappe interne souvent médiocre. Préférez les ports à l'arrière.

Si les ennuis persistent après avoir changé de câble, notre article J'ai un problème avec ma caméra USB, que faire ? reprend la démarche de diagnostic complète.

Ce que nous recommandons

  • Le câble le plus court qui convienne au montage. En imagerie, 1 m suffit presque toujours entre la caméra et l'ordinateur embarqué.
  • Une liaison directe par périphérique pendant les essais, sans hub ni rallonge, pour savoir d'où vient le problème.
  • Des câbles achetés séparément, choisis pour leur section et leur blindage, et non ceux trouvés dans les boîtes.
  • Les cordons d'origine gardés en secours, ils dépannent très bien un accessoire peu gourmand.

Nous avons sélectionné des câbles pour cet usage, en courtes longueurs et avec de vrais conducteurs d'alimentation :

Comment tester la qualité de mes câbles USB ?

Des appareils de test existent. Nous vous recommandons celui-ci : Cliquez-ici (lien Amazon affilié)

En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.